CONVENTION CITOYENNE : repenser le cadre d’exercice de la démocratie

CONVENTION CITOYENNE : repenser le cadre d’exercice de la démocratie

Rédigé le 23/06/2020
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Les membres de la Convention Citoyenne pour le Climat, réunis au Conseil économique, social et environnemental, viennent de remettre au gouvernement les 149 propositions qu’ils ont adoptées ce dimanche 21 juin. À cette occasion, Le Mouvement Associatif souhaite féliciter ces femmes et ces hommes pour leur travail et leurs conclusions qui font écho à celles portées par de nombreuses associations depuis des années. Il est l’heure désormais de les prendre en compte

Les 150 citoyennes et citoyens tirés au sort ont présenté leurs mesures devant permettre de réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre en dix ans dans un esprit de justice sociale. Le Mouvement associatif réaffirme que la transition écologique nécessaire aujourd’hui est indissociable de la justice sociale. Il retrouve dans nombre de propositions de la Convention Citoyenne celles qu’il porte avec le Pacte du Pouvoir de Vivre.

Véritables défricheurs d’un exercice démocratique d’un genre nouveau, la motivation, la détermination, l’implication et le sérieux de ces 150 femmes et hommes ont été au rendez-vous tout au long de ces longs mois de travail. Cet exercice a été une véritable manifestation de ce que doit être la citoyenneté active, au-delà du vote.

Face aux mobilisations et tensions qui émaillent l’actualité de notre pays depuis plusieurs années, il est en effet urgent de repenser le cadre d’exercice de la démocratie.

La Convention Citoyenne pour le Climat fait partie de ces outils nouveaux au service d’une démocratie active (pétitions, plateformes, grand débat, etc.)

qu’il faut à présent intégrer dans le fonctionnement institutionnel quotidien de notre pays.

Ces innovations démocratiques doivent s’inscrire dans une ambition de long terme à tous les échelons territoriaux, renouvelant et réarticulant la complémentarité entre citoyens, organisations de la société civile et élus pour la définition de l’intérêt général.

Le passage des intérêts individuels aux intérêts collectifs pour aboutir à l’intérêt général est une construction qui demande des moyens et du temps pour atteindre un équilibre partagé par tous. Cette démarche est développée chaque jour par les structures de la société civile organisée sur les territoires, au plus près des habitants.

La parole citoyenne a besoin de trouver maintenant un débouché institutionnel garantissant sa prise en compte.

C’est pourquoi, Le Mouvement associatif se réjouit également de la réforme annoncée du Conseil économique, social et environnemental (CESE), qu’il soutient depuis des années. Elle permettra de renforcer la complémentarité entre démocratie représentative et démocratie participative. Cette réforme devrait, selon la formule du Président de la République, faire de la troisième assemblée de notre pays un trait d’union « entre la société civile et les instances politiques » qui incarne de nouveau « le mouvement vivant de la société française ». L’intermédiation offerte par le CESE lui permet non seulement d’intégrer leurs préoccupations et avis dans la fabrique de la loi, mais aussi de susciter et animer le débat public, dans le respect de la pluralité et de la liberté de parole. Autant d’éléments essentiels à la cohésion nationale.

La consultation des citoyennes et citoyens sur les politiques qui les concernent, directement et au travers des organisations dans lesquelles ils s’impliquent, est aujourd’hui un impératif et une aspiration partagée. Nous avons plus que jamais besoin d’un lieu où la diversité sociale, culturelle et générationnelle de notre pays soit représentée. Ce lieu doit être le CESE rénové, renforçant son rôle de chambre du dialogue civil. Il peut être un instrument puissant du changement et du vitalité démocratique, pour autant qu’il soit reconnu par ceux qui gouvernent. Faire du CESE le trait d’union entre les citoyens, les organisations dans lesquelles ils sont engagés et les pouvoirs publics est la réponse au besoin et à la nécessité de participation. Il ne s’agit pas de gouverner par le sondage, mais d’intégrer la participation citoyenne dans le travail nécessaire pour faire émerger l’intérêt général.